Albeiro Sarria : Confessions d’un peintre

« C’est l’art qui sauvera le monde » O.M. Aïvanhov

Albeiro est un artiste inspiré.

Ses tableaux dévoilent tant ses expériences de vie que ses voyages intérieurs. Ils sont habités de Beauté, éclairés de Sagesse et d’Amour. Il est de ces artistes qui scellent par des actes visibles les mystères de l’Invisible, de l’UN-divisible. La Vie est représentée dans son abondance, ses secrets, ses blessures et ses joies.

Albeiro Sarria, né en Colombie s’est initié au théâtre dans les années 80. En 1985, il commence une école d’Art. Rapidement, ses peintures expriment une profondeur et initie le visiteur à voyager dans différents plans de la réalité. Dans un contexte social qui se décompose, il continue son exploration artistique, découvre la peinture, la gravure et différentes techniques qu’il ne cessera de mélanger, marier, unir et confronter. Au début de sa carrière d’artiste, nous pouvons constater que la forme est importante dans ses œuvres.

L’artiste côtoie la mort dans les rues de son pays et l’exprime dans ses œuvres. Il peint la violence de la société, les corps gisent entre scènes de la vie quotidienne et les ponts qu’il tisse avec l’invisible. Les formats réalisés sont très grands, les différentes textures et matières lui permettent d’exprimer dans des paysages surréalistes une réalité crue et violente.

1996, après dix années d’étude, attiré par le style de l’école Italienne, il mélange la peinture classique dans son propre univers artistique. Il peint les contrastes de Paix et Tuerie, de Religion et Manipulation, du Miracle et de l’Argent qu’en retirent certains. Cette recherche autour de la foi, du miracle et de la supercherie lui vaudra de nombreux prix. Après avoir visité de nombreux villages où il y a eu des apparitions de Saints, Albeiro Sarria propose au Salon National une performance pendant laquelle, le spectateur est acteur d’un miracle temporaire.

En l’an 2000, il quitte la Colombie et une nouvelle période commence pour lui. Arrivé en Suisse, il participe à une exposition littéraire et propose 27 toiles sur le thème de Cent ans de Solitude de Gabriel Garcia Marquez. À Lucerne, il présente une série de 17 tableaux qui dépeignent la déportation sur fond de violence et de guerre.

En 2002, il commence une nouvelle recherche, la lumière et les couleurs accaparent ses tableaux. Pendant cette période naïve, il se libère de son lourd passé et marie les différentes techniques explorées ainsi que les paysages de son nouveau lieu de vie aux scènes de la vie quotidienne de l’Amérique latine.

La vie et sa fragilité sont exprimées dans une série de neuf tableaux qui allie peinture et photographie et qui ont pour thème : la grossesse.

En 2006, le tableau Naissance de la Joie marque une nouvelle période dans sa vie d’artiste. Le soleil est fécondé par la lumière, les différents éléments réunis célèbrent l’énergie de la fête. Les personnages de ses tableaux ne sont plus noirs et énormes, ils sont, telles des fées, minuscules et colorés. Sa peinture est plus libre, elle est emplie d’espace et de couleurs.

Lors d’un stage de raku en France, en 2010, il dort dans un lieu qui a abrité des Juifs en attente de déportation. A travers les personnages qu’il crée, il se confronte à l’histoire de ce peuple en exil.

En 2011, il fonde la Fondation Madre Tierra en Colombie, qui se veut un lieu d’hommage aux différents arts, ainsi qu’un lieu d’accueil dans un cadre où nature et art s’épousent.

Toujours en perpétuel apprentissage, Albeiro Sarria travaille ensuite avec du métal et différentes techniques de rouille. Il collabore avec des musiciens qui composent une œuvre pour chaque tableau, c’est la naissance de Cris des Couleurs. Puis de l’exposition des Guérisseuses, série de tableaux en métal et sculpture en raku accompagnés de poèmes, en 2014

L’artiste n’a pas fini d’être le canal d’expression de sa vision de la vie, dans laquelle chaque spectateur se reconnait en regardant par l’une ou l’autre des fenêtres qu’il a ouverte pour nous.

Yasmina, février 2017